Gino Galli (1893–1944) occupe une place singulière dans la peinture italienne du XXe siècle. Élève de Giacomo Balla, il participa à l’aventure futuriste avant de développer une peinture liée au retour à l’ordre et au réalisme magique. Son parcours traverse ainsi deux sensibilités : l’élan de l’avant-garde et une figuration plus recueillie, chargée de symboles.
En 2023, le MLAC, Museo Laboratorio di Arte Contemporanea de l’université Sapienza de Rome, lui a consacré une rétrospective. Présentée du 10 mars au 6 mai 2023, cette exposition a contribué à faire redécouvrir un artiste longtemps resté en marge des récits consacrés au futurisme.
Gino Galli et l’avant-garde futuriste
Proche de Giacomo Balla, Gino Galli ne limita pas son engagement à la peinture. Il participa également à la réflexion théorique du mouvement et à la direction de la revue Roma Futurista, aux côtés de Balla, Giuseppe Bottai et Enrico Rocca.
En 1919 et en 1921, il présenta deux expositions personnelles à la Casa d’arte Bragaglia de Rome. Ces rendez-vous témoignent de sa présence dans les milieux de l’avant-garde romaine.
Pour comprendre le rôle de cette galerie dans la circulation des idées nouvelles, découvrez notre article consacré à → Anton Giulio Bragaglia et sa Casa d’arte.

Du retour à l’ordre au réalisme magique
Au cours des années 1920, 1930 et 1940, la peinture de Gino Galli évolua vers le retour à l’ordre et le réalisme magique. Portraits, paysages et natures mortes occupèrent une place importante dans cette recherche.
La force de la couleur et la présence de symboles donnent à ces œuvres une intensité particulière. La représentation du monde visible devient ainsi le lieu d’une interrogation plus intime.
Cette évolution invite à regarder l’ensemble de son parcours, au-delà de ses débuts futuristes. Elle trouve un éclairage complémentaire dans notre article sur → le réalisme magique dans l’art italien.
La rétrospective Gino Galli au MLAC en 2023
L’exposition était placée sous le commissariat d’Edoardo Sassi et de Giulia Tulino, avec la coordination scientifique d’Ilaria Schiaffini.
Elle réunissait une cinquantaine de peintures et des documents permettant de retracer le parcours de l’artiste, depuis ses premières recherches jusqu’aux années 1940. Ce travail a également contribué à préciser une biographie longtemps mal connue.
Les recherches ont abordé ses liens avec le réseau de Bice Pupeschi et l’OVRA, la police secrète fasciste. Plusieurs aspects de cette histoire demeurent toutefois insuffisamment documentés et appellent une lecture prudente.
L’exposition est aujourd’hui terminée. Sa présentation reste consultable sur le site officiel du MLAC.
Prolonger la découverte de la peinture italienne
Pour poursuivre cette exploration des différentes expressions de la figuration italienne, découvrez → Paysage, une aquarelle d’Antonio Donghi datée de 1955.
Vous pouvez également parcourir → notre catalogue d’art moderne.
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