La Galleria L’Obelisco occupe une place importante dans l’histoire de l’art romain d’après-guerre. Fondée en 1946 par Irene Brin et Gaspero del Corso, elle accueille artistes et collectionneurs au 146, via Sistina. Dans ses salles, la peinture dialogue avec la sculpture, la photographie et la mode. La galerie devient ainsi un lieu de rencontres ouvert aux recherches italiennes, européennes et américaines.

Irene Brin et Gaspero del Corso
Écrivaine et journaliste de mode, Irene Brin, née Maria Vittoria Rossi, porte un regard curieux sur les arts et la société. Avec son mari, Gaspero del Corso, elle donne à L’Obelisco une identité singulière, attentive aux jeunes talents comme aux artistes déjà reconnus.
Le couple développe des relations au-delà des frontières italiennes. Cette ouverture se traduit par des expositions, des publications et la promotion d’artistes italiens à l’étranger. L’activité de la galerie se prolonge ainsi bien au-delà de ses salles romaines.

Une ouverture internationale
Le surréalisme et l’imaginaire fantastique occupent une place importante dans la programmation de la Galleria L’Obelisco. Le rêve, la mémoire et les univers inventés y trouvent un espace de dialogue avec d’autres formes de création.
Au fil des années, la galerie expose notamment Eugène Berman, Roberto Matta, Saul Steinberg et Alexander Calder. La diversité de ces parcours témoigne de son ouverture à des sensibilités très différentes. Elle contribue aussi aux échanges entre Rome, l’Europe et les États-Unis.
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Les grandes expositions de la Galleria L’Obelisco
Les débuts : Morandi, Maselli et Dalí
Le 23 novembre 1946, une exposition de Giorgio Morandi inaugure la galerie. Ce premier choix inscrit L’Obelisco dans le dialogue avec l’une des voix les plus singulières de la peinture italienne.
En 1948, Titina Maselli y présente sa première exposition personnelle. Ses sujets puisés dans la vie quotidienne et le paysage urbain témoignent d’un regard neuf sur le monde contemporain. En novembre de la même année, une exposition est consacrée à Salvador Dalí.

Les années 1950 : Burri et Rauschenberg
En 1952, Alberto Burri présente Neri e Muffe, une étape importante de ses recherches sur la matière et la surface picturale.
Du 3 au 10 mars 1953, Robert Rauschenberg y tient sa première exposition personnelle en Europe, Scatole e feticci personali. Ses petites constructions assemblent des objets et des matériaux trouvés. Avec elles, les gestes ordinaires de recueillir et d’associer ouvrent de nouvelles possibilités à la création.
Ces deux expositions de L’Obelisco montrent l’attention portée à des démarches qui renouvellent les moyens d’expression artistique.
Les années 1960 et 1970 : mouvement, perception et vidéo
En avril 1962, Corrado Cagli expose ses sculptures à la galerie. Puis, en 1965, Perpetuum mobile réunit des artistes qui explorent le mouvement et la perception visuelle, parmi lesquels Alberto Biasi, Bruno Munari et Alexander Calder.
L’exposition collective Bianco+Bianco, organisée en 1966, rassemble notamment des œuvres de Lucio Fontana, Piero Manzoni et Mario Schifano. En 1968, un cycle d’expositions consacré à Giacomo Balla éclaire plusieurs aspects de son travail.
Enfin, Videobelisco, lancé en 1971, prolonge cet intérêt pour l’expérimentation. Cette initiative compte parmi les premières expériences de production et de diffusion de l’art vidéo en Italie.
Les archives de L’Obelisco et la fermeture de la galerie
Après la mort d’Irene Brin en 1969, Gaspero del Corso poursuit le travail entrepris avec elle. La Galleria L’Obelisco ferme ses portes en 1981.
Une part importante des archives de L’Obelisco est aujourd’hui conservée à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea de Rome. Le Fondo Irene Brin, Gaspero Del Corso e L’Obelisco rassemble notamment correspondances, publications d’expositions, documents administratifs, photographies et papiers personnels.
Ces archives permettent de retrouver les artistes, les échanges et le travail quotidien qui ont façonné l’histoire de la galerie.
Découvrir l’art moderne sur Egidi MadeinItaly
L’histoire de l’art romain d’après-guerre se découvre aussi à travers les œuvres. Pour prolonger cette visite, explorez notre sélection d’art moderne. Elle comprend actuellement une œuvre de Corrado Cagli, artiste dont les sculptures furent présentées à L’Obelisco en 1962.
